Exhibition Le Noir est le refuge de la Couleur #1

Jeannie Lucas, Samuel Guille, Hélène Soète, Caroline Robe

Les entrelacs de l’univers aqueux et céleste des Dessins-peints de Jeannie Lucas gouachent et huilent, abstraits, mats, sirupeux et décomplexés, les boucles, butées et pointillés hérissés des lignes en constante suspension du geste d’après. Autant de fenêtres mouvantes, telles des broderies qui appellent parfois aux partitions de Bram Van Velde, comme aux monotypes dix fois enduits, tapotés, dupliqués des pliages si chers à Simon Hantaï.

Les aplats monochromes photographiques de Samuel Guille, saturés d’un bleu intense qui se souvient d’Yves Klein, laissent voir la vibration d’une chose à venir, ondulations intrigantes à peine discernées ponctuées d’un détail sous-jacent à l’éclosion d’un évènement, proche. Un calme tragique est à l’œuvre ; toute référence au monde contemporain et traces de l’homme gommées, ainsi que William Turner savait, lui aussi, les faire oublier.

« Les longilignes silhouettes des bouteilles céramique d’Hélène Soète, toutes dressées de noir brûlé ou mordoré des cuissons au feu du raku, alternent en négatif, avec celles, hautes, blanches et crayeuses dans cette silencieuse, étrange et sculpturale forêt où le soleil et l’ombre se couplent, indissociables. Bois-moi ! disent-elles. Cigüe et lait noir que l’on a bus, que l’on boira jusqu’à la lie. » Ricardo Montserrat

Les nus aquatiques des baigneuses immergées de Caroline Robe, corps floutés fendant l’eau fixent notre regard troublé de percevoir le temps figé de l’invisible. Innommable mémoire d’un portrait impromptu du “Dahlia noir” ou de cette femme si blanche étendue dans l’œuvre “Étant donné…” de Marcel Duchamp ? Caroline Robe figure ici l’insaisissable, […]l’indicible des choses ressenties plutôt que vues, l’inframince écrit François Ide.

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