Portfolio I need colour !

Nature is able to come back on us sometimes thanks to her exceptional creativity.

A bedazzlement in front of these impressive moments where the elements set on fire : all these colours are there opposing their will to order and economical justifications.

L’heure bleue 1
Photo couleur toute bleu Klein, Marseille, plage des catalans, un petit bateau s'en va au loin.
Marseille, plage des catalans.
photo toute bleu, une légère vague dessine une ligne d'un bleu plus foncé.
Marseille, plage des Catalans

Marseille, a morning in June, 9h30

This series was a rare present, we were on family holidays, often very prolific times to me, we had rented a flat in this big large and high 1931 building just behind the Plage des Catalans.

As I went out on the balcony there was a stunning sight : you could no more see the difference between the sea and the sky. I shot about ten photographs : six were good and four were exceptional.

Tissu
Amer rouge
Amer vert

Dinard, winter noon

These photographs were taken on the Promenade du Clair de Lune and round the Pointe du Moulinet, I love this walk, and always find new shots to take, a bit like picking shells on a beach.

When I look at these pictures it seems to me that I am looking just over Claude Monet or Alfred Sisley’s shoulder. My photographic work stands always on the limit of painting and in this case the small waves are like light regular brushstrokes trying to translate meticulously the infinite tones between the colours of the sea and the colours of the sky.

Ciel 1
Angèle
Lune noire

Northern Vaucluse, Baronnies, Cairanne, Tulette, Visan, winter

This part of the series was shot as I was commuting, early in the morning and early in the evening. For years I had been watching these wonderful colours without knowing how to handle them. Dedicating a photographic series exclusively to colour is very complex : there have already loads of picture on this subject and it is very hard to find new ones, but it was a very interesting search because it forced me out of my habits, I had to let go, I had to forget landscape for itself and it had to be only a quest for light.

Why did I choose colours ?

Since the increasing power of nationalisms, the gloominess of our governments, the crises and trembles of humain thoughts, this new series wants to oppose light and pleasure to the darkness that invades our minds ! It was a yearning, a need to bring back to the front the richness of bright and transient colours. So my photographs, like paintings, show nature in the brightness of its suits.

Instant and present times are very important to me, in my photographs I do not try to erase mankind, it is a fascinating animal, but I just let him his simple and really small role. If humains are rarely present in the nature there is an other place where they are invasive : the realm of thought.

How is nature able to shake us ? She comes back on us sometimes thanks to her exceptional creativity. A bedazzlement in front of these impressive moments where the elements set on fire : all these colours are there opposing their will to order and economical justifications.

These photographs pressed on me a salutary breath of fresh air, art, frivolously essential, becomes an act of resistance.

  • Photo couleur toute bleu Klein, Marseille, plage des catalans, un petit bateau s'en va au loin.
  • photo toute bleu, une légère vague dessine une ligne d'un bleu plus foncé.

“J’veux d’la couleur”

Cette série fut réalisée en trois temps et trois lieux biens distincts. Tout d’abord il y eut ce moment improbable à Marseille. Nous étions en vacances en famille, j’ai souvent fait des photos dans ces moments là, je suis en général heureux voire très heureux et ces moments légèrement hors-temps m’inspirent énormément.

Donc nous étions dans ce grand immeuble qui est derrière la plage des Catalans, j’ai toujours aimé ce bâtiment et nous y avions trouvé une location au septième étage avec un petit balcon sur la façade nord-ouest. Construit en 1931, cet immeuble Art déco était dédié à devenir Le Grand Hôtel des Catalans, finalement ce sera un immeuble d’habitation au style architectural balnéaire où Simone Weil vécut pendant quelques années.

Un matin, je sors boire un café et regarder la mer et je me retrouve devant ce paysage entièrement bleu. J’avais déjà entendu dire que certains jours à une certaine heure l’horizon disparaissait pour ne laisser place qu’à une et une seule couleur : un bleu incroyable, le soleil était derrière moi et il donnait la luminosité très étonnante du bleu Klein. J’ai fait une dizaine de photos, six étaient bonnes dont quatre magnifiques, heureusement que la vie n’est pas que dur labeur, il faut savoir accepter les cadeaux !

C’était la première fois que je mettais autant de couleur, depuis plusieurs année je faisait tendre mon travail vers les estampes japonaises. Je me suis donc mis à regarder autour de moi la palette à ma disposition, c’est la contrainte du photographe par rapport au peintre.
Comme je passe beaucoup de temps au volant quand je vais au travail, tôt le matin, j’avais devant les yeux ces couleurs changeantes du matin et parfois du soir, je me suis dis que je pouvais peut-être en faire quelque chose.

La couleur n’est pas chose facile : c’est un peu comme le sucre dans la pâtisserie, s’il y en a trop c’est écœurant, ça vous agresse. De plus, quand on commence une nouvelle série, il faut trouver un angle d’approche qui soit à la fois dans une continuité par rapport à nos travaux antérieurs et suffisamment différent pour ne pas avoir l’impression de faire du déjà-vu déjà-montré.

Timidement je sors l’appareil photo, il peut rester plusieurs jours sur le siège passager sans que je l’utilise mais c’est ma façon d’envisager comment faire rentrer ces émotions que me provoquent ces paysages, ces couleurs, ces noirs, dans une si petite boite. Enfin un jour, je gare la voiture sur le bas-coté et j’essaye, j’avance à tâtons : je prends un morceau, intéressant, je prends un autre morceau, bof, il manque ça ou ça. Je dois vous dire que j’ai travaillé au 190, avec un vieux 135 Zeiss, un cadrage très serré, je prélève la taille d’un pouce dans l’immensité qui est sous nos yeux, alors il me faut trouver la pépite d’émotion au milieu de tout ce tas de laideur, contourner ce pavillon, éviter ce câble électrique, attendre que la voiture là-bas soit passée …

Au bout d’un moment, mon œil s’habitue à ce cadrage et j’arrive enfin à trouver ce que je cherche. Et puis patatra, il y a quelque chose qui cloche : quand je regarde les photos des jours précédents, elles ne tiennent pas la route sur la durée, une fois que le décor dans lequel j’ai prélevé cet échantillon s’est effacé de ma mémoire, il manque quelque chose.
Je repose alors l’appareil sur le siège passager. Je regarde de nouveau, je change de route, vers des itinéraires que je connais moins bien, dans lesquels j’ai plus de surprise et là, un matin, le soleil se lève derrière le mont Ventoux, mon mont Fuji à moi, je prends l’appareil et je commence à photographier, je suis la silhouette des montagnes, c’est pas mal, ça avance, ça butte de nouveau, j’en ai mare : je me rend compte que je m’accroche au éléments du paysage comme le mauvais nageur s’accroche au bord de la piscine. Alors je lâche, je n’en ai plus besoin, je plonge, je nage, j’ai peur mais une joie intense m’envahit.

Au final ces photos ne seront pas choisies pour la série, trop maladroites, mais j’avais fait un grand pas dans mes recherches.

La suite de la série se déroulera ensuite assez facilement, ce sont des moments d’une immense plénitude : on voit ce qu’on veut prendre, on sait comment le prendre, on y va et c’est beau. Ça a peut-être fait avancer d’un micron l’histoire de l’art.

La dernière partie de cette série fut prise à Dinard, en Bretagne, j’aime énormément cette ville, et la mer qui l’entoure. J’ai fait déjà plusieurs série là-bas et je trouve toujours de nouvelles photos.

Pour cette série, j’ai cueilli un moment très particulier : c’était en hiver, entre Noël et Jour de l’An, c’était la fin de matinée, le ciel était gris au fond et bleu au dessus de ma tête, un soleil bas éclairait les amers rouges et verts d’une façon étonnante, ils devenaient comme phosphorescent sur l’horizon gris. Ce contraste était parfait pour continuer cette série sur la couleur.

De plus l’eau était calme, les petites vagues étaient pareilles à une multitude de miroirs. Lorsque j’ai tiré ces photos avec Tristan, je fut frappé par leurs proximité avec les tableaux impressionnistes : les vagues étaient comme de petits coups de pinceau, réguliers, décomposant la couleur et la lumière, rendre hommage aux prédécesseurs fait parfois partie de notre travail : merci Seurat, Monet et tant d’autres.

Other series

%d bloggers like this: